Par son arrêt n° 1050 du 2 octobre 2007, la Chambre commerciale de la Cour de cassation rappelle qu'en cas de perte ou vol d'une carte bancaire, il appartient à l'émetteur de la carte qui se prévaut d'une faute lourde de son titulaire, au sens de l'article L. 132-3 du code monétaire et financier, d'en rapporter la preuve et précise que le seul fait que la carte ait été utilisée par un tiers avec composition du code confidentiel ne constitue pas la preuve d'une telle faute.
Sur le moyen unique :
Attendu, selon le jugement attaqué (tribunal d'instance de Roanne, 5 juillet 2005) rendu en dernier ressort, que Mme Y... était titulaire d'un compte à La Poste, aux droits de laquelle est venue la Banque postale (la banque) et d'une carte de paiement ; que le 10 avril 2004, elle a fait opposition à l'utilisation de sa carte déclarée perdue le 9 avril 2004 ; qu'une certaine somme a néanmoins été dépensée avant la mise en opposition ; que la banque ayant constaté que toutes les opérations effectuées avaient été réalisées avec contrôle du code confidentiel en a déduit la négligence de sa cliente et lui a alors imputé la totalité des prélèvements opérés avant opposition ; que Mme Y... a assigné la banque en restitution des sommes ainsi portées au débit de son compte ;
Attendu que la banque fait grief au jugement de l'avoir condamnée au remboursement de la somme de 2 742,42 euros, alors, selon le moyen :
1°/ que Mme Y... s'était engagée contractuellement à assurer la conservation de sa carte ainsi que la conservation et la confidentialité de son code ; que suite à la perte de sa carte et à son utilisation avec composition du code confidentiel, il appartenait à Mme Y... d'établir qu'elle n'avait pas commis de faute lourde ; qu'en mettant à la charge de la banque, l'obligation de prouver que Mme Y... avait été négligente dans la protection de son code confidentiel, le tribunal a violé les articles 1134, 1147 et 1315 du code civil, ensemble l'article L. 132-3 du code monétaire et financier ;
2°/ que le tribunal s'est borné à relever que l'actualité récente faisait état de plusieurs cas dans lesquels des malfaiteurs étaient parvenus à s'approprier des codes confidentiels de cartes bancaires sans pour autant bénéficier de la négligence voire de la complicité du titulaire de ladite carte ; qu'en l'état de ces seules énonciations par lesquelles il n'a pas caractérisé, autrement que par un motif d'ordre général et abstrait, l'absence de négligence de Mme Y..., le tribunal a privé sa décision de base légale au regard des articles 1134 et 1147 du code civil, ensemble l'article L. 132-3 du code monétaire et financier ;
Mais attendu qu'en cas de perte ou vol d'une carte bancaire, il appartient à l'émetteur de la carte qui se prévaut d'une faute lourde de son titulaire, au sens de l'article L. 132-3 du code monétaire et financier, d'en rapporter la preuve ; que la circonstance que la carte ait été utilisée par un tiers avec composition du code confidentiel est, à elle seule, insusceptible de constituer la preuve d'une telle faute ;
Attendu qu'en retenant que la
banque était défaillante dans l'établissement de la faute
lourde alléguée à l'encontre de Mme Y..., le tribunal, qui
n'a pas inversé la charge de la preuve, a, abstraction faite
du motif surabondant critiqué par la seconde branche,
légalement justifié sa décision ; que le moyen ne peut-être
accueilli ;
Réagir à cet article:
il vous suffit d'adresser un mel avec vos observations ou commentaires à cette adresse.
Vos réactions sur cet article:
Affaires & Finances
Thèmes
Articles récents
Le démarchage téléphonique agressif
Pas de contrepartie financière pour la clause de non concurrence d’un agent commercial
Faute lourde du titulaire d'une carte bancaire volée
La caution ne bénéficie pas de l'exception purement personnelle du débiteur
Actions en concurrence déloyale et en contrefaçon
Parmi les Modèles
Résiliation d'assurance de téléphone mobile avec remboursement de primes.
Les trois lettres de l'action directe (loi de 1975)
Parmi les Dossiers
Création -reprise d'Entreprise
Gestion du contractant en difficulté
Liens en
Important !
Les informations juridiques présentées sur ce Site ont un caractère documentaire et de vulgarisation et ne dispensent en aucune façon de l'avis d'un professionnel du Droit.
Infos - Services
Choisir un Avocat
AJ Darmon vous apporte son assistance dans le choix d'un conseil pour vos problèmes
Consulter sur vos problèmes
Si vous soumettez en ligne vos problèmes à nos partenaires avocats, ils vous rappelleront sans retard et sans engagement de votre part
Questions/réponses
Les questions juridiques de principe qui vous préoccupent nous intéressent
votre question